Produire son propre phytoplancton permet de disposer en permanence d’une nourriture fraîche, vivante et de qualité tout en réduisant considérablement les coûts liés aux achats réguliers. Le phytoplancton nourrit directement ou indirectement de nombreux organismes tels que les coraux, les éponges, les bénitiers, les copépodes et d’autres micro-organismes essentiels à l’équilibre du bac.
Dans ce guide, nous allons voir étape par étape comment mettre en place une culture de phytoplancton marin, quel matériel utiliser, comment fertiliser correctement vos cultures et comment récolter un phytoplancton de qualité destiné à votre aquarium récifal.
Le matériel nécessaire
Pour démarrer une culture de phytoplancton, vous aurez besoin de :
- Une souche de phytoplancton vivante et pure.
- Un réacteur ou une bouteille transparente. De préférence en verre pour optimiser la photosynthèse et faciliter son nettoyage;
- Un bulleur avec tube rigide ( ne pas mettre de pierre diffuseuse )
- Une source lumineuse adaptée. ( Pas lumiere du jour car pas assez puissante )
- De l’eau de mer préparée à la bonne salinité.
- Une solution nutritive spécifique pour phytoplancton.
Pour des résultats optimaux, nous recommandons l’utilisation d’un réacteur équipé d’un fond conique permettant une meilleure remise en suspension des cellules et limitant les dépôts. Voici le guide fabrication d’un réacteur de phytoplancton.

Préparation de l’eau de culture
Préparez une eau de mer à une salinité comprise entre 1022 et 1025.
L’idéal est de préparer cette eau 24 heures avant utilisation afin de permettre une parfaite dissolution du sel et une meilleure stabilisation des paramètres. Cette simple précaution réduit significativement les risques de crash de culture.
Veillez également à ce que l’eau ajoutée lors des récoltes soit à la même température et à la même salinité que la culture en cours.
Quel engrais utiliser pour cultiver du phytoplancton marin ?
Comme toutes les microalgues, le phytoplancton marin a besoin de lumière, de dioxyde de carbone et surtout de nutriments pour se développer correctement. Sans apport nutritif adapté, la croissance des microalgues ralentit rapidement et la culture finit généralement par s’épuiser.
Les principaux éléments nécessaires à la croissance du phytoplancton sont l’azote, le phosphore, le fer, les oligo-éléments et certaines vitamines. Ces nutriments permettent aux cellules de se multiplier, de produire leurs pigments photosynthétiques et de maintenir une croissance régulière.
Aujourd’hui, la majorité des cultures de phytoplancton utilisées en aquaculture, en recherche scientifique et en aquariophilie récifale reposent sur la célèbre formule Guillard F2 (également appelée f/2 dans la littérature scientifique).
Développée par le chercheur Robert R. L. Guillard, cette formulation est devenue la référence mondiale pour la culture des microalgues marines. Elle fournit aux souches de phytoplancton les principaux éléments nécessaires à leur croissance tout en restant adaptée à un grand nombre d’espèces comme Nannochloropsis, Tetraselmis, Isochrysis, Rhodomonas ou Dunaliella.
Les engrais modernes destinés à l’aquariophilie récifale s’inspirent généralement de cette formulation afin de produire des cultures denses, stables et reproductibles. Utilisés correctement, ils permettent d’obtenir un phytoplancton de qualité destiné à nourrir les copépodes, les rotifères, les filtreurs et l’ensemble de la chaîne alimentaire récifale.
La formule Guillard F2 : la référence pour les cultures de phytoplancton
La formule Guillard F2 est aujourd’hui considérée comme le standard de référence pour la culture des microalgues marines. Son succès repose sur un équilibre entre les différents nutriments nécessaires au développement du phytoplancton.
Cette formulation apporte notamment :
- Une source d’azote indispensable à la croissance cellulaire.
- Une source de phosphore participant au métabolisme énergétique.
- Du fer nécessaire à la photosynthèse.
- Des oligo-éléments présents en très faibles quantités mais essentiels au développement des microalgues.
- Des vitamines utilisées par certaines espèces de phytoplancton.
Grâce à cette composition équilibrée, la formule F2 permet généralement d’obtenir des cultures plus denses, plus régulières et plus faciles à maintenir sur le long terme.
Qu’en est-il du milieu Conway ?
Le milieu Conway est une autre formulation historique largement utilisée pour la culture du phytoplancton. Il contient notamment des nitrates, des phosphates, des oligo-éléments et des vitamines favorisant la croissance des microalgues.
Bien qu’efficace pour produire du phytoplancton, le milieu Conway a été développé à l’origine pour des travaux de recherche et des cultures expérimentales. Son utilisation dans un contexte d’aquariophilie récifale demande donc une certaine prudence, notamment lorsque le phytoplancton est destiné à être distribué directement dans l’aquarium.
Pour cette raison, de nombreux récifalistes privilégient aujourd’hui des formulations inspirées du protocole Guillard F2, spécialement adaptées aux besoins des cultures destinées à nourrir les organismes présents dans les aquariums marins.
Peut-on utiliser un engrais pour plantes ou aquarium d’eau douce ?
Non. Les besoins des microalgues marines sont très différents de ceux des plantes aquatiques ou terrestres. Les engrais classiques peuvent contenir des concentrations inadaptées, des formes de nutriments peu assimilables ou des éléments susceptibles de perturber une culture destinée à l’alimentation du vivant marin.
Pour obtenir des cultures stables et limiter les risques de contamination ou de déséquilibre, il est fortement recommandé d’utiliser un engrais spécifiquement conçu pour la culture du phytoplancton marin.
L’éclairage
La lumière est le moteur principal de la croissance du phytoplancton.
Nous recommandons :
- Éclairage LED blanc froid (6000 à 6500 K).
- Durée d’éclairage de 18 à 24 heures par jour.
- Température de culture comprise entre 20 et 26°C.
Quelle durée choisir ?
18 heures par jour :
- Croissance rapide.
- Consommation électrique modérée.
- Bon compromis pour la majorité des aquariophiles.
24 heures sur 24 :
- Production maximale.
- Croissance accélérée.
- Très utilisée pour les cultures intensives.
Si votre production devient excessive, vous pouvez réduire progressivement la durée d’éclairage à 12-16 heures par jour.
Attention toutefois à surveiller la température, car certaines installations d’éclairage peuvent réchauffer significativement le réacteur.
Le brassage
Un brassage constant est indispensable.
Le bullage permet :
- De maintenir les cellules en suspension.
- D’apporter du CO₂ nécessaire à la photosynthèse.
- D’éviter les zones mortes.
- D’homogénéiser les nutriments.
Le débit doit être suffisamment important pour créer un mouvement permanent de l’eau sans pour autant provoquer de mousse excessive.
Certaines souches, comme Tetraselmis, possèdent des cellules plus volumineuses et ont naturellement tendance à sédimenter davantage. L’utilisation d’un réacteur à fond conique avec un bullage partant du fond est alors particulièrement recommandée.
📋 Protocole de culture du phytoplancton marin
Voici un protocole simple permettant de démarrer une culture de phytoplancton dans un réacteur de 1 litres.
Jour 1 : Mise en culture
- Préparer 700 ml d’eau de mer à une salinité comprise entre 1022 et 1025.
- Température idéal de culture : 22°
- Verser l’eau dans le réacteur.
- Ajouter 330 ml de souche de phytoplancton.
- Ajouter l’engrais selon le dosage recommandé par le fabricant. ( Phytoboost est de 1 ml pour 1 litre de culture )
- Mettre en route le bullage.
- Allumer l’éclairage sur une durée de 18 à 24 heures par jour.
La culture doit présenter une coloration homogène et rester constamment en mouvement grâce au brassage par air.
Jours 2 à 7
- Vérifier quotidiennement le fonctionnement du bulleur.
- Contrôler la température de la culture.
- Ajouter l’engrais selon le protocole choisi. ( Phytoboost a ajouter tous les 3-4 jours )
- Observer la coloration qui doit progressivement devenir plus foncée.
Une légère sédimentation peut apparaître sur certaines souches comme Tetraselmis. Ce phénomène reste normal tant que la culture conserve une belle coloration et ne dégage aucune odeur anormale.
Jours 7 à 15
La culture devient généralement suffisamment dense pour être récoltée.
Quelques jours avant la récolte, il est conseillé d’arrêter l’apport d’engrais afin de permettre au phytoplancton de consommer une partie des nutriments encore présents dans l’eau.
Récolte
- Prélever environ un tiers du volume de la culture.
- Conserver le phytoplancton récolté au réfrigérateur.
- Remplacer immédiatement le volume prélevé par de l’eau de mer neuve préparée à l’avance.
- Reprendre le protocole de fertilisation.
Cette méthode permet de maintenir une culture continue pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois.
Exemple pratique
- Volume de culture : 2 litres.
- Récolte : environ 600 ml.
- Eau neuve ajoutée : 600 ml.
- Reprise du protocole d’engraissement après le renouvellement.
Cette méthode est celle utilisée par de nombreux aquariophiles pour produire du phytoplancton frais destiné à l’alimentation des coraux, copépodes et autres organismes filtreurs.
Démarrer facilement sa culture de phytoplancton marin
Si vous débutez dans la culture du phytoplancton marin, il peut être difficile de choisir la bonne souche, le bon engrais et les dosages adaptés. Pour simplifier vos premiers essais, nous avons créé un pack réunissant une souche vivante et un engrais basé sur la formule Guillard F2.
Ce kit permet de démarrer rapidement une culture de phytoplancton destinée à nourrir les copépodes, les rotifères, les organismes filtreurs et la microfaune d’un aquarium récifal.
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Comment savoir si la culture se développe correctement ?
Au fil des jours, la couleur de la culture devient progressivement plus foncée.
Une culture saine présente généralement :
- Une coloration homogène.
- Aucune odeur désagréable.
- Aucun dépôt excessif.
- Aucune séparation de phases.
Selon la souche utilisée, la récolte peut généralement commencer après 7 à 15 jours.
Récolte du phytoplancton
Lorsque la culture atteint une densité satisfaisante, il est temps de récolter.
Nous conseillons :
- D’arrêter l’apport d’engrais 4 à 6 jours avant la récolte.
- De prélever environ un tiers du volume total.
- De remplacer immédiatement le volume prélevé par de l’eau de mer neuve préparée à l’avance.
- De reprendre ensuite la fertilisation.
Cette méthode permet de maintenir une culture continue sur plusieurs mois.
Conservation du phytoplancton après récolte
Une fois récolté, le phytoplancton marin peut être conservé plusieurs semaines au réfrigérateur afin d’être utilisé progressivement dans l’aquarium récifal ou pour nourrir des cultures de copépodes et de rotifères.
La conservation reste toutefois une phase importante car le phytoplancton est un organisme vivant. Avec le temps, certaines cellules meurent naturellement et la qualité nutritionnelle de la culture diminue progressivement.
Pour préserver au maximum sa fraîcheur et sa valeur biologique, il est recommandé de conserver le phytoplancton entre 4 et 8°C dans un récipient propre, fermé et à l’abri de la lumière directe.
Une bonne conservation permet de maintenir plus longtemps la densité de la culture, la qualité des cellules et leur intérêt pour l’alimentation des organismes récifaux.
Les bonnes pratiques de conservation
- Conserver le phytoplancton entre 4 et 8°C.
- Maintenir le contenant fermé afin de limiter les contaminations.
- Éviter l’exposition à la lumière directe.
- Agiter doucement le récipient chaque jour afin de remettre les cellules en suspension.
- Éviter les variations importantes de température.
- Utiliser du matériel propre lors des prélèvements.
Une légère agitation quotidienne permet d’éviter que les cellules ne sédimentent durablement au fond du récipient et favorise une meilleure homogénéité de la culture.
Combien de temps se conserve le phytoplancton ?
La durée de conservation dépend de la souche cultivée, de sa densité initiale et des conditions de stockage. Dans de bonnes conditions, la plupart des cultures peuvent être conservées plusieurs semaines au réfrigérateur.
Pour obtenir les meilleurs résultats en aquarium récifal, il est généralement recommandé d’utiliser le phytoplancton dans les 3 à 4 semaines suivant sa récolte.
Plus le phytoplancton est distribué rapidement après sa production, plus sa qualité nutritionnelle, sa fraîcheur et sa richesse biologique sont élevées.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle de nombreux récifalistes privilégient les cultures fraîches ou produisent leur propre phytoplancton à domicile.
Comment reconnaître une culture qui se dégrade ?
Au fil du temps, certaines cultures peuvent perdre en qualité. Plusieurs signes peuvent alerter :
- Éclaircissement progressif de la couleur.
- Odeur inhabituelle ou désagréable.
- Présence de dépôts anormaux.
- Formation d’amas importants.
- Modification importante de l’aspect de la culture.
En cas de doute sur l’état sanitaire d’une culture, il est préférable de ne pas l’utiliser et de repartir d’une souche saine.
Éviter les contaminations lors de la culture du phytoplancton
La contamination reste l’une des principales causes d’échec dans les cultures de phytoplancton marin. Une culture contaminée peut rapidement ralentir sa croissance, perdre sa densité ou être envahie par d’autres micro-organismes.
Les contaminations peuvent provenir d’autres souches de phytoplancton, de bactéries, de levures, de microalgues indésirables ou simplement d’un matériel insuffisamment nettoyé.
Comment limiter les risques de contamination ?
Lorsque plusieurs souches sont cultivées simultanément, quelques règles simples permettent de réduire fortement les risques :
- Utiliser du matériel dédié à chaque souche.
- Désinfecter soigneusement les récipients et accessoires.
- Éviter les échanges d’eau entre cultures.
- Ne jamais utiliser la même pipette ou seringue pour plusieurs souches.
- Refermer rapidement les contenants après manipulation.
- Travailler dans un environnement propre.
La rigueur dans les manipulations constitue souvent la clé du succès lors de la culture de plusieurs souches de phytoplancton marin.
Pourquoi éviter les contaminations croisées ?
Lorsqu’une souche contamine une autre, elle peut progressivement prendre le dessus et modifier la composition de la culture. Dans certains cas, la souche initiale peut même disparaître totalement au profit de l’espèce contaminante.
Pour les aquariophiles souhaitant conserver des cultures pures de Nannochloropsis, Tetraselmis, Rhodomonas, Synechococcus ou Dunaliella, la prévention des contaminations constitue donc une étape essentielle.
Une culture saine, stable et correctement entretenue permet d’obtenir un phytoplancton de meilleure qualité destiné à nourrir les copépodes, les rotifères, les filtreurs et l’ensemble de la chaîne alimentaire récifale.
Conclusion
La culture du phytoplancton est accessible à tous avec un minimum de matériel et de rigueur.
Une bonne souche de départ, un éclairage adapté, un apport régulier en nutriments et un brassage constant permettent d’obtenir rapidement une production abondante et de qualité.
Produire son propre phytoplancton est non seulement économique, mais constitue également un excellent moyen d’améliorer durablement la biodiversité et la stabilité d’un aquarium récifal.
Vous souhaitez démarrer facilement vos premières cultures ?
Chez Recifaliste, nous sélectionnons et produisons des souches pures de phytoplancton marin destinées à l’aquariophilie récifale. Nous proposons également des solutions nutritives adaptées ainsi qu’un accompagnement pour vous aider à réussir vos cultures dès les premières semaines.
Questions fréquentes sur la culture du phytoplancton marin
La majorité des souches de phytoplancton marin utilisées en aquariophilie récifale se développent idéalement entre 20 et 26°C. Des températures plus élevées peuvent accélérer la croissance mais augmentent également le risque de contamination et de crash de culture.
Selon la souche utilisée, l’éclairage, l’aération et la fertilisation, une culture atteint généralement sa densité optimale entre 7 et 15 jours. Certaines souches comme Nannochloropsis peuvent se densifier plus rapidement que d’autres.
La plupart des souches cultivées en aquariophilie récifale se développent correctement avec une salinité comprise entre 1.020 et 1.025. Certaines souches tolèrent des variations plus importantes selon les conditions de culture.
Les engrais inspirés de la formule Guillard F2 (f/2) sont aujourd’hui les plus utilisés pour la culture des microalgues marines. Ils apportent les nutriments, vitamines et oligo-éléments nécessaires à une croissance optimale.
Oui, de nombreux aquariophiles utilisent un éclairage continu afin d’accélérer la croissance des microalgues. D’autres préfèrent un cycle de 16 à 18 heures de lumière par jour. Les deux méthodes peuvent fonctionner selon la souche cultivée.
Oui. Le phytoplancton vivant peut être distribué directement dans l’aquarium récifal afin de nourrir certains filtreurs, soutenir le développement des copépodes et enrichir naturellement la biodiversité du bac.
Nannochloropsis est généralement la souche la plus utilisée pour le développement des copépodes. D’autres espèces comme Tetraselmis ou Isochrysis peuvent également être utilisées afin d’apporter une alimentation plus diversifiée.
Conservé au réfrigérateur entre 4 et 8°C, le phytoplancton vivant peut généralement être stocké pendant 3 à 4 semaines tout en conservant une bonne qualité nutritionnelle. Plus il est utilisé rapidement après récolte, plus sa valeur biologique reste élevée.
Il est possible de mélanger plusieurs souches, mais la culture de souches pures dans des réacteurs séparés permet généralement un meilleur contrôle et limite les risques de domination d’une espèce sur les autres.
Certaines souches comme Tetraselmis possèdent des cellules plus volumineuses qui ont naturellement tendance à se déposer. Une aération plus importante ou un réacteur à fond conique permet généralement de limiter ce phénomène.
Une culture contaminée peut présenter une odeur inhabituelle, une coloration anormale, une diminution rapide de la densité ou la présence de dépôts inhabituels. Une croissance qui ralentit brutalement peut également être un signe de contamination.
Les principales causes de crash sont :
– Contamination bactérienne : la culture mousse et devient progressivement transparente
– Température excessive : la culture peut brunir ou perdre sa coloration habituelle.
– Manque d’éclairage : la culture stagne et ne se densifie plus
– Surdosage ou sous-dosage d’engrais.
– Salinité inadaptée.
– Arrêt du brassage ou de l’aération.
– Vieillissement naturel de la culture.
