Polype d'un corail avec des zooxanthelles

L’apport de phytoplancton est-il utile pour les coraux SPS

Suite à de nombreuses demandes afin de savoir si l’ajout quotidien de phytoplancton a un réel bénéfice pour la croissance de nos coraux SPS, voici un article qui explique synthétiquement comment fonctionne les coraux de type SPS et si il est utile d’avoir un apport régulier de phytoplancton marin.

Les coraux SPS

Les coraux SPS ( Small Polyps Scleractinian soit en français petites polypes durs ) sont des animaux qui vivent dans les eaux marins océaniques.

Ils sont composés de polypes dont l’aspect ressemble à des minuscules anémones de mer, mais à la différence des anémones ils ont un « exosquelette dur » qui s’appelle le « coenostéum » et se différencient des coraux LPS ( Large Polyp Scleractinian soit en français grandes polypes durs ) qui ont aussi un exosquelette dur.

Il est intéressant de noter que leur exosquelette est composé de carbonate de calcium sous forme d’aragonite.  Ainsi les coraux SPS peuvent prendre différentes formes, souvent sphériques ou en forme de buisson de cornes, et parfois à des formes beaucoup plus complexes selon le mouvent de l’eau.

Les coraux durs ( ou scleractinian ) sont des constructeurs de récifs coloniaux, il y a des coraux dits « hermatypiques » et des coraux « ahermatypiques ».

Les coraux hermatypiques

Les coraux hermatypiques sont des coraux durs constructeurs de récif via la production d’un squelette calcaire, parmi ces coraux nous retrouvons des Acroporidés  du types Acropora et Montipora.

Pour maintenir ce type de corail il est nécessaire d’avoir une eau chaude ( 24-26° ) claire avec une faible concentration de nutriments en suspension ( Faible concentration de nitrates et phosphates ) et riche en oxygène.

La lumière devra être en abondance, car le développement du corail se réalisera par le processus de la photosynthèse.


Les coraux ahermatypiques

Les coraux ahermatypiques sont des coraux durs non constructeur de récif. Ils ne synthétisent pas ou ils ont besoin de très peu de calcium pour construire un squelette calcaire.

C’est le cas des coraux madrépore par exemple. ( Cf Photo corail madrépore ). Ils sont souvent massifs et solitaires.

Comment se développe les coraux SPS

Il est important de comprendre comment se développent les coraux SPS afin de mieux les maintenir dans nos bacs récifaux. Voici quelques grands principes :

1 – La lumière

La lumière est capitale dans le développement du squelette grâce au processus de la photosynthèse. Ce processus est réalisé grâce aux zooxanthelles qui sont des algues symbiotiques vivant à l’intérieur des polypes des coraux.

2- Le calcium

L’apport quotidien en calcium permet de fortifier et de développer le squelette calcaire, ainsi que l’apport en magnésium et strontium.

3- Le Zooplancton

Il est intéressant de noter que les coraux sont aussi des carnivores !

Bien entendu ils se nourrissent de proies qui sont dimensionnées à leurs tailles. Comme le montre le schéma vous pouvez imaginer la taille d’une polype d’un corail du type Acropora en regardant votre bac.

Maintenant si l’on analyse la taille de sa bouche, nous comprenons qu’ils se nourrissent essentiellement de zooplancton, et parfois de larves.

Nous pouvons observer cette chasse principalement la nuit avec leurs tentacules.


« On sait que les couches planctoniques se rapprochent la nuit de la surface, c’est donc avec le crépuscule que le polype commence sa chasse. Ses parties molles, jusque-là rétractées dans le calice, s’étirent. Les tentacules se déploient et s’agitent en tous sens, explorant aveuglément la mer (…) Il suffit qu’un tentacule attouche à peine une proie, c’est aussitôt l’explosion des batteries de cnidoblastes qui déchargent leur harpon empoisonné. La proie foudroyée ou paralysée est alors emprisonnée dans une forêt ondulante de tentacules qui la dirige vers la bouche. La digestion a lieu dans la cavité gastro-vasculaire où l’endoderme sécrète des enzymes digestives permettant la dégradation rapide en produits facilement assimilables. »
Extraits de : Les coraux, B. Robin C. PETRON, C. Rives

4- Le Phytoplancton marin ?

Suite à différentes études, il semblerait que les coraux de type SPS ne se nourrissent pas de phytoplancton marin, à la différence des coraux LPS ou coraux moux.

Ajouter du phytoplancton marin ne permettra pas de nourrir directement vos coraux SPS, par-contre il est évident que l’apport quotidien de phytoplancton marin leur sera bénéfique indirectement !

Dans un article précédent nous avons vu l’importance de rajouter du phytoplancton marin pour entretenir votre microfaune et donc d’avoir une grande diversité de zooplancton dans votre bac récifal.

Il est la première étape de la chaîne alimentaire et avec un ajout régulier de phytoplancton marin, le zooplancton proliférera comme les copépodes, les rotifères, naupli d’artémia ..

Ainsi l’apport de phytoplancton marin vous permettra de contribuer à la bonne santé de vos coraux SPS et au passage, de nourrir vos coraux LPS, coraux moux et votre microfaune.

Les fondamentaux en récifal: le cycle de l’azote

Le cycle de l’azote

Pour une maintenance simple, il faut bien comprendre divers fondamentaux comme le cycle de l’azote en récifal

Définition: Le cycle de l’azote est le procédé biologique et naturel d’élimination des ammoniac (NH3) et des nitrites (NO2)

La base du récifale est réalisée grâce à la présence de bactéries spécifiques , qui se nourrissent d’ammoniaque, puis quand l’ammoniac est digéré, il en résulte des nitrites. Ensuite, dans un second temps, d’autres bactéries (nitrobacter) s’occupe des nitrites et fait des nitrates (NO3)
Le nitrate est consommé par des bactéries dans les pierres vivantes puis consommé par les algues supérieur et les coraux mous.

Voici un schéma du cycle de l’azote sur une méthode berlinoise ( avec des pierres vivantes ) :

Cycle de l’azote

Vous avez compris, pour avoir une «maintenance facile» il vous faudra dans un aquarium récifal seulement quelques coraux mous, des crevettes nettoyeuses et quelques vers tubicoles, et très peu de déchet!

Si vous rajoutez des poissons, il y aura de la pollution !  D’où l’importance d’avoir un système de filtration performant pour éliminer les déchets avant leur transformation (Écumeur, pompes de brassage ..)

Et le phytoplancton dans tout ça !

L’ajout quotidien de phytoplancton marin permettra d’équilibrer et de nourrir votre microfaune, essentielle pour le nettoyage du bac et son équilibre. Le phytoplancton marin permettra aussi au passage à nourrir vos coraux de type LPS ou vos coraux moux.

Zooplancton marin copépodes calanoide

Le zooplancton en récifal

Le zooplancton récifal, une base fondamentale pour un aquarium mature

Le phytoplancton sert de nourriture pour le développement du zooplancton. Le zooplancton en aquarium récifal est aussi composé de plusieurs groupes d’organismes marins, et cet article aborde principalement les copépodes et les artémias.

Les copépodes

Les copépodes appartiennent à la classe des crustacés, et il y a plus de 12 000 espèces identifiées à ce jour.

Nous nous intéressons à deux groupes principaux de copépodes libres: les Calanoïda c’est à dire des animaux pélagiques (nage libre) et les Harpacticoïda qui sont entièrement benthiques (ils restent au fond de l’aquarium ou sur la paroisse).

Harpacticoïda

Les copépodes appartenant à l’ordre  harpacticoida  vivent au fond de l’eau, sur le substrat, les roches et les vitres. Ils se nourrissent de résidus d’aliments (détritivores)

Ce groupe de copépodes est très facile de maintenance et de son acceptent sans trop de problème de variations de température, de salinité ou de paramètre de l’eau.

Ils sont faciles à reconnaître car ils ont une première antenne très courte.

 

Calanoïdes

Les copépodes appartenant à l’ordre  calanoïde se reconnaissent par de grandes antennes. La plupart du temps, ils sont dans la colonne d’eau et sont difficiles d’entretien dans nos aquariums  récifaux ( Souvent éliminées par la filtration et l’écumeur).

Ils ont un cycle de vie d’environ 30 jours et  consomment principalement le phytoplancton . Enfin, certaines espèces sont très tolérantes à la température et à la salinité.

Le fait qu’ils ne vivent pas sur le substrat comme les  harpacticoida, leur entretien dans un aquarium récifal est quasi impossible, excepté si il s’agit d’un annexe pour l’entretien des  calanoidas.

 

Les artémias

L’artémia salina est un petit invertébré dont l’habitat est situé dans les lacs salés, les lagunes ou les marais salants.
Ils sont filtreurs et se nourrissent de phytoplancton. L’artémia est toujours entrain de nager pour favoriser sa respiration et sa filtration alimentaire.

L’artémia donne naissance à des larves et des nauplies d’artémias. Les œufs éclosent en 24 heures à 24 ° C et en 48 heures à 20 ° C. La lumière et une oxygénation sont efficaces pour une bonne éclosion.
Les nauplies d’artémias des qualités nutritionnelles richesses et naturelles dans le choix de la nourriture des poissons d’élevages.

Ainsi la base d’un aquarium récifal est la microfaune incluant le zooplancton.

Au début d’un bac elle est présente avec l’ajout des pierres vivantes, mais malheureusement disparaît peu à peu ( Souvent elle sert de nourriture pour nos chers poissons comme le Synchiropus splendidus Dragonnet ou mandarin ) mais aussi par manque de soin et d’apport en nourriture. L’ajout de phytoplancton marin permet ainsi de maintenir cette microfaune.

Astuce :

Si votre bac est très pauvre en microfaune, nous vous conseillons l’ajout / ou remplacement de quelques pierres vivantes par des pierres vivantes bien fraîches regorgeant de microfaune naturel.

Souche de phytoplancton marin Nannochloropsis oculata

Le phytoplancton en récifal

Le phytoplancton récifal : la base de la maintenance en recifal

Le Plancton marin pour qu’il soit bénéfique dans nos aquariums récifaux, doit être une nourriture vivante composée de zooplancton (animaux), de phytoplancton (végétaux) et de bactéries .

Le phytoplancton marin est à la base du réseau alimentaire dans les océans et aussi dans nos aquariums récifaux

Pour qu’il soit bénéfique dans nos aquariums récifaux, doit être une nourriture vivante composée de zooplancton (animaux), de phytoplancton (végétaux) et de bactéries .

La photosynthèse de la substance organique par le phytoplancton est consommée par le zooplancton, puis le zooplancton est consommé par les poissons …

Le phytoplancton est structuré d’algues unicellulaires et microscopiques. Ces algues sont à la base de l’alimentation de certains animaux comme les bivalves filtreurs. Nous trouvons le phytoplancton principalement à la surface car il utilise la photosynthèse pour se développer.

Très souvent nous les lisons qu’il n’est pas nécessaire de rajouter le phytoplancton dans nos bacs. Nous souhaitons préciser que dans un aquarium récifal (et donc peuplé de coraux), l’ajout de phytoplancton est essentiel sur la durée.

En effet, le phytoplancton est le socle, la première étape de la chaîne alimentaire , dans le bac. Avec un ajout régulier de phytoplancton, le zooplancton proliférera, copépodes, les rotifères, naupli d’artémia ..

Le phytoplancton devrait être en permanence présent dans un aquarium récifal et rajouté de préférence le soir pour les coraux (et bien d’autres planctonophages) nocturnes qui attendent tous polypes ouverts ou comme les sabelles, la durée de vie dépendre de la nourriture planctonique.

Il existe des produits susceptibles de remplacer le phytoplancton afin d’assurer la croissance du zooplancton, mais les résultats ont été obtenus à travers l’utilisation de 2 algues unicellulaires: La Dunaliella Salina et la Nannochloropsis Oculata

Et les poudres de substitution?

Pour être utile le plancton doit être vivant! Le pseudo-plancton en poudre est peut-être un peu bénéfique pour les coraux « mais il est vraiment consommé » mais attention, ce n’est pas du plancton vivant ..

Filtre microbag phytoplancton

Le phytoplancton pour garder propre vos microbags

Pour tous ceux qui possède un aquarium récifal avec décantation et qui ont des filtres microbags, c’est souvent une vrai galère pour éviter qu’ils ne se colmatent…

La solution : le phytoplancton marin

Nous aimerions vous dire que la solution a été trouvé après multiples recherches, mais non ! Nous avons juste fait un état des lieux lorsque nous nous sommes inquiété que je nous ne changions / nettoyons plus nos microbags.

La raison ? Nous avons trouvé dans nos microbags une multitude de microfaune qui s’occupait de TOUT nettoyer à notre place. Le rêve … en fait nos microbags étaient rempli de »petits escargots » + microfaune (artémias, copépodes… )  qui s’occupaient de faire le nettoyage.

Nous avons donc fait la relation avec notre nourrissage quotidien au phytoplancton qui avait développé la microfaune. L’algue dunaliella salina y est pour beaucoup car elle a servi a entretenir cette microfaune jour après jour, ce qui est logique car c’est une algue qui est la nourriture idéale pour nourrir la microfaune de nos aquariums récifaux.

Nous l’oublions souvent, mais la base d’un aquarium récifal ne réside pas que sur les bactérie mais aussi dans la microfaune.

Au début votre microfaune est présente avec l’ajout de pierres vivantes, mais cette microfaune disparaît peu à peu avec le temps !

Surtout si vous avez des poissons comme le poisson-mandarin c’est à dire le Synchiropus splendidus ! L’ajout de phytoplancton permet donc de maintenir cette microfaune et de la développer au fil du temps.

Nous nous sommes posé la question pour quelles raisons nos chères récifalistes investissent des sommes considérables dans le matériel + le vivant pour obtenir des aquariums récifaux à couper le souffle mais que l’entretien de cette microfaune était si méconnu.

Après lecture de multiples commentaires sur les forums à ce propos, nous sommes venu à la conclusion que les témoignages permettant d’attester des résultats d’un entretien régulier au phytoplancton étaient très rare, laissant place à des témoignages sur l’importance de la maintenance de »base » comme les méthodes de supplémentation ( RAC ou bailing ) pour nos coraux.

Conclusions

En effet, nous n’avons encore assez de recul sur l’importance du phytoplancton pour les coraux dur de type SPS comme les acroporas, par-contre nous avons noté un changement radical du comportement des coraux LPS ou des coraux moux grâce à un apport régulier de phytoplancton Dunaliella Salina. Ce changement fut visible par le gonflement et la croissance de ces coraux sur l’espace d’un an, par rapport aux autres années.

Bien entendu, les méthodes de supplémentations traditionnels ne sont pas à abandonner, bien au contraire, mais l’ajout régulier de phytoplancton permettra de stabiliser votre microfaune et à terme votre aquarium récifal vous le rendra par la splendeur de vos coraux.

Fabriquer un réacteur à phytoplancton

Comment fabriquer son réacteur à phytoplancton et cultiver son phytoplancton marin ?

Pour commencer il faut se se procurer une souche d’algues, soit l’algue Dunaliella salina ou l’algue Nannochloropsi oculata, qu’on dilue dans de l’eau neuve à 1/5. Je conseille de l’eau de mer (  eau osmosé avec votre sel habituel avec une salinité de 1024 )

Etape 1 : Liste des courses pour la fabrication du ou des réacteurs à phytoplancton

Méthode rapide :

Voici un exemple de montage simple et peu coûteux. Il vous faudra :

  • 2 cuves ( de préférence du verre ) de 500 Ml ( Une cuve par souche )
  • 1 pompe à air ( Pompe pour petit aquarium d’eau douce )
  • Des robinets pour le réglage de l’aération dans les cuves
  • 2 tiges carbones
  • Un éclairage T5 horticole
  • Un réflecteur
  • 2 pompes eau faible débit

Réacteur phytoplancton

Méthode pro :

Il vous faudra pour concevoir le réacteur à phytoplancton les éléments suivants :

  • 30 cm de pvc translucide de 100 ou un pot en verre de diamètre 100
  • 1 manchon pvc 100
  • 1 bouchon pvc 100
  • 1 manchon de 50
  • 10 cm de tube pvc de 50
  • 1 bulleur puissance selon le nombre de réacteur et quelques mètres de tube a air

Etape 2 : Fabrication du réacteur à phytoplancton marin

1- Couper le manchon de 100 en 2, le chauffer au décapeur thermique pour arriver a l’enfiler sur le vase

2- Percer le bouchon de 100 au centre avec un scie cloche de 52 ou 53. La collerette du manchon de 50 doit servir de butée

3- Raccourcir un peu le manchon de 50 de 2 ou 3 cm (photo 6) et le coller à la colle PVC dans le trou du bouchon de 100 et coller le bouchon dans le manchon de 100

4- Il y a une butée dans le manchon de 50, celle ci sert de support à la lampe led et le tube de 50 sert juste à protéger la partie électrique de la douille G10.

5- Emboîter le tube de 50 dans le manchon

6- Percer 2 trous, un pour l’arrivé du bulleur avec un raccord démontable ( style osmoseur) et un trou pour laisser sortir l’air avec un tube de 5 cm de long suffit.

7- Faire un petit joint de silicone spécial aquarium à l’intérieur du réacteur entre le verre et le manchon pour éviter d’éventuelles coulures d’eau

Etape 3 : Remplissage des réacteurs à phytoplancton

Il ne reste plus qu’a ajouter vos souches de phytoplancton diluées à de l’eau neuve et rajouter de l’engrais. Pour ma part je préfère des engrais avec très peu de phosphate vendu sur des sites spécialisés pour le récifal comme le GROTECH PhytoFood – 500 ml ou opter pour un milieu de culture Conway avec est une solution enrichie en sels nutritifs ( Produits Tridacna )

Ensuite il faut éclairer sur une durée de 16H mini par jour.

Voici un exemple de montage :

Astuce : Afin de ne pas perdre votre culture il faudra absolument brasser l’eau, au risque de voir le phytoplancton se déposer sur le fond de la cuve.


Etape 4: la récolte du phytoplancton marin

Réacteur pro :

réacteur à phytoplancton

Réacteur à phytoplancton marin par David Bassa

Méthode rapide : 

réacteu maison phytoplancton

Réacteur à phytoplancton marin montage simple

Etape 4: la récolte du phytoplancton marin

Une fois l’eau bien verte ( au bout de 1-2 semaine ) on prélève une partie ( 1/5 ) pour redémarrer la culture dans les nouvelles cuves et nous rajoutons 4/5 d’eau neuve salée.
La culture de phytoplancton récoltée est stockée dans des bouteilles et peut se conservé au frais ( frigo ) pendant 1 mois.
Vous pouvez acheter des souches en suivant le lien : Achat souche